Dans la Chine post-révolutionnaire, père et mère devaient travailler, laissant leur enfant unique aux bons soins des jardins d'enfant d'Etat. Le film sino-italien "Les petites fleurs rouges" de Yuan Zhang, primé en 2006 à Berlin,
met en scène une cinquantaine de gosses de 4 ans dans l'un de ces jardins d'enfants. Le résultat sur le plan du "jeu" (peut-on parler de jeu à cet âge?) des petits acteurs est bluffant; j'espère
pour eux qu'ils n'ont pas trop été pertubés sur le plan psychologique par le tournage du film. Lisez chez Libé la
critique politique de ce film, basé sur le roman semi-autobiographique de l'écrivain dissident Wang Shuo. Le film était en vente libre au pied de notre immeuble.
Une scène en particulier illustre à la fois l'inévitable promiscuité des Chinois (toujours trop nombreux) et la nécessité de faire passer l'intérêt du groupe avant les besoins (c'est le cas de le
dire) de chaque individu. Les latrines se résument à deux tranchées dans le sol, une pour les filles, une pour les garçons. Et le matin, tout le monde doit faire sa grosse commission en même temps
pour faciliter l'organisation du jardin d'enfants.
1, 2, 3 accroupissez-vous les enfants, et écoutez la Maîtresse Li vous expliquer encore une fois les bienfaits de la défécation matinale, qui permet de faire sortir toutes les choses sales de son
corps. Le nouvel arrivé, et héro du film, Fang Qiangqiang n'y parvient pas; sa maîtresse le rassure en lui expliquant qu'il pourra malgré tout recevoir une gratification (la petite fleur rouge,
d'où le titre du film en langues étrangères), s'il y parvient la prochaine fois.
Vous noterez que les garçons portent des pantalons fendus à l'entrejambe, que l'on voit encore à Shanghai aujourd'hui.
"Le responsable de la région autonome du Tibet a rapporté qu'hier un très petit nombre de personnes a commis des actes
de saccage, de violence, des incendies, des déprédations et perturbé l'ordre de la société, mettant en danger la vie et les biens des masses populaires. Des preuves suffisantes établissent que cela
a été organisé, prémédité et méticuleusement comploté par la clique du Dalaï Lama, ce qui a causé une intense colère de
chaque groupe ethnique du Tibet et sa sévère condamnation. Le département tibétain compétent prend en ce moment les mesures légales permettant un règlement approprié de la situation. Nous avons
totalement la capacité de protéger la stabilité de la société tibétaine et de garantir la sécurité des gens et des biens de chaque ethnie du Tibet. La conspiration d'une poignée de personnes
visant briser le calme, l'ordre et l'harmonie du Tibet n'est pas populaire et est destinée à être un échec". La phrase en italique est dans le communiqué officiel de l'agence Xinhua, mais pas dans
le journal télévisé de Canton ci-dessous.
Pour la marionnette CIO : le texte en français ci-dessus est libre de droits et peut être repris tel quel sur votre
site officiel.
Sur toile de fond de la rétrocession de Hong Kong à la Chine le 1er juillet 1997, des super femmes (d'où le titre
anglais du film "Wonder women", en chinois c'est plutôt "le vrai visage des femmes") s'en tirent malgré le décès de tous les hommes entourant l'héroïne (l'oncle suicidé suite à sa déconfiture
financière, le mari accidenté de la route et le fils victime du syndrome respiratoire aigu).
Ce film nous montre l'une des conséquences de la rétrocession : la prise de contrôle des entreprises de Hong Kong par
les Chinois de la Chine continentale. Dans la scène ci-dessous, l'expérimenté CEO hongkongais, parlant cantonais (le
dialecte parlé à Hong Kong et par 80 millions de Chinois du sud) et bénéficiant des meilleurs contacts avec les Britanniques, se fait mettre à la porte de sa boîte et remplacer par un jeune
chinois du continent aux dents longues parlant le mandarin (le chinois oral officiel de Pékin). Alors, mieux vaut apprendre le mandarin que le cantonais ? En tous les cas, les vuille ont pu
comprendre ce que disait le nouveau CEO.
Vous apprécierez également le document historique montrant la bobine du Prince Charles lorsqu'on descend l'étendard brit pour le remplacer par la tache rouge. Y a rien à dire, il n'est pas très
heureux.
Voici un sujet accrocheur pour attirer encore une fois l'attention sur le sort du prisonnier politique Hu Jia, internaute chinois un peu trop critique et engagé aux yeux du gouvernement liberticide de Pékin.
Avant d'être définitivement emprisonné le 27 décembre 2007 (entre les fêtes et nouvel an pour ne pas trop attirer
l'attention des médias étrangers), Hu Jia a vécu une année entière assigné à résidence, sa femme étant quant à elle sans cesse suivie par jusqu'à huit agents de police en civil, rien que ça.
Hu Jia a réalisé et posté sur YouTube (ici le lien pour le premier fil) un documentaire racontant
sa vie enfermé dans son propre appartement. Et comme pour prendre sa revanche sur ceux qui bafouaient sa liberté de déplacement, Hu Jia a longuement filmé ses gardiens à leur insu, dans leur
intimité.
Bon, on ne peut pas vraiment parler d'atteinte à la sphère privée de l'agent du bureau de la sécurité publique immortalisé dans cet extrait. En effet, par ici, c'est très commun de procéder en public à la récolte, puis au délestage, avec les doigts, du matériau obstruant les
cavités nasales.
Alors, Daniel Brélaz, vous porterez une cravate aux couleurs de Reporters sans frontières durant votre semaine à Pékin pour les Jieaux ?
Les Special Olympics réservés aux athlètes handicapés mentaux (à ne pas confondre avec les Paralympics pour les handicapés physiques) se déroulent à Shanghai à partir du 2 octobre 2007, la cérémonie
d'ouverture ayant lieu au stade de Shanghai, repeint tout beau pour l'occasion. Les Special Olympics ont valeur de test
grandeur nature avant les Jieaux des Pékins de 2008 pour les autorités.
Les films coréens, j’aime bien. Même si c’est par moments un peu kitsch (mais là c’est du kitsch pardonnable car ça tourne autour de sentiments amoureux), l’ambiance est
toujours très particulière, les acteurs et les paysages magnifiques. Le rythme est souvent très lent, et l’accent est mis sur les paroles et les regards...
En fait, en se plongeant dans un film coréen, on entre dans un monde plein de mystère, où les paroles de sagesse et la présence de l’invisible ne sont pas rares. Un vrai
régal.
Les Jieaux des pékins 2008 arrivent à grands pas et, histoire de ne pas subir la honte suprême de scènes de la vie
quotidienne chinoise (de l'éruction bruyante par tous les orifices à la curée dans les files d'attente) jouées pour de vrai devant les milliers d'athlètes et de visiteurs attendus, les autorités ont décidé
d'apprendre les bonnes manières au bon peuple. Ou comment une civilisation plusieurs fois millénaire, mais un peu trop longtemps restée dans sa fange, doit maintenant apprendre à se civiliser.
Sous la vidéo, la traduction libre de ce que dit le monsieur.
Chaque matin, les chaînes locales commentent en direct les bouchons sur les nombreux périfs de Shanghai. Ici une voiture qui bouche
l'artère suspendue de Ruijin south road.
Efficaces les caméras de surveillance avec zoom optique 32X : avec ça, l'opérateur peut immortaliser le doigt fourré dans la narine de n'importe quel automobiliste. Et bien d'autres choses encore.
Encore une preuve que les Shanghaiennes sont des consommatrices accro du détail qui tue. Bon faut dire aussi qu'à 3 ou 5 yuans (30 ou 50 cents d'euro) les petits diamants, ce sont des accessoires pour portables à la portée de toutes les bourses. L'essentiel (dans la vie?) "c'est de faire soi-même de son mieux" (jin ziji zuidade nuli) pour rendre son téléphone portable un peu plus zoli. Je suis tellement d'accord, c'est beaucoup plus mieux avec ces diamants.
J'ai déjà parlé des tensions économiques qui ont contraint les sbires du commandant Hu à envoyer une vingtaine d'officiels chinois de haut rang à Washington pour tenter d'expliquer aux
parlementaires ricains, depuis peu démocrates en majorité, qu'ils font des efforts pour laisser le yuan s'apprécier face au dollar et pour mettre fin au piratage systématique de Hollywood.
Pour faire plaisir à G.I. Joe, le régime minceur de Beijing nous a donc chassé tous les vendeurs de dvd pirates des galeries de métro. Mais ils n'ont pas touché aux boutiques bien établies dans le
quartier chicos de Dagu road, au nord de People Square. Taper sur les petits en laissant les gros tranquilles, c'est
décidément universel.
Alors voilà ce que vous pouvez toujours vous offrir pour un peu moins de 20 francs en passant par Dagu road, rue qui offre une belle concentration de dvd pirates au mètre carré.
Si vous êtes ouvert d'esprit comme les vuille, vous pouvez également vous faire des dvd coréens, taïwanais, hongkongais
ou même chinois. Dans le texte, avec parfois (c'est assez aléatoire) des sous-titres en anglais.
En fait, c'est pas mal du tout la production locale. Je proposerai même de les importer massivement en Suisse en se passant de verser des royalties à leurs réalisateurs. Je regarde si c'est
légal et je vous redis.
Les constructeurs d'automobiles allemands sont des menteurs.
Pour vendre leurs berlines, ils font croire au bon peuple chinois qu'ils ont découvert le moyen de faire de la place sur les routes de Shanghai.
Regardez d'abord la pub en entier ci-dessous. Les deux incrustes dans le clip donnent à peu près ce qui suit en français : "La place ça existe. Il y a les rues bruyantes et il y a des endroits calmes" et "La place ça existe. Réjouis-toi".
Dissection (les photos de vuilleblog suivent les extraits de la vidéo)
Dans la première partie du clip, on montre la partie bruyante de la ville. Pas besoin de mentir dans cette partie. On commence par un plan sur le Jinmao dans ses derniers étages, vu d'en bas (pour poser le décor, tout Chinois moyen reconnaissant la plus haute tour de Chine) ...
... et on filme un passage pour piétons juste devant la China Merchants Tower (petit gratte-ciel dans le cartier de la finance, au pied du Jinmao).
Dans la seconde partie du clip, on voit le piéton "libéré" dans sa berline, prise en plan large, qui roule seule sur des routes neuves et propres ...
La croix blanche, notre belle armée et les photos typiques du pays cartonnent en boucle tard le dimanche soir sur la chaîne télé-achats. Même depuis cet endroit éloigné de la Chine, la milice suisse appelle comme ça les siens à retourner dans la patrie !
Lundi 10 juillet 2006, 4 heures 45 du matin à Shanghai. L'Italie Champion du Monde depuis quelques instants. Y a pas de Tifosis par ici (est-ce qu'un rassemblement "à la Saint-François" non autorisé avec autre chose que des drapeaux chinois serait possible dans ce pays ?).
Pour une fois, une note qui n'a rien à voir avec mon séjour en Chine.
Je n'apprécie pas Bill Gates pour ses logiciels Microchiottes pourris et sa façon d'écraser toute concurrence par son monopole sur le monde des PC.
Mais, au fond, c'est vraiment brave homme et, tout compte fait, c'est une bonne chose qu'il ait pu amasser la première fortune sur cette planète, puisqu'il la redistribue aujourd'hui aux plus pauvres avec sa femme Melinda, par le biais de leur fondation commune.
Et c'est Warren Buffet, le deuxième plus riche homme du monde, qui l'a rejoint ce week-end en annonçant donner, avant son décès déjà, 85% de sa fortune à la fondation de Bill et Melinda Gates.
Dans les viennent ensuite, il y a l'oncle Picsou d'Ikea. Allez, un petit effort !
Désolé, mais je ne fais pas la même interprétation que les commentateurs sportifs suisses du résultat de ce match au sommet qui parlent tous d'un succès permettant à l'équipe de faire le plein de
confiance avant le mondial.
4 à 1 c'est au moins 5 buts cloués de pas assez et un encaissé de trop ! D'avoir laissé Fang Zhuo Dong marquer à la 91ème minute ne laisse rien présager de bon pour notre équipe nationale, je vous
le dis !
Au passage, le régime chinois souhaite remercier les autorités suisses et zurichoises pour avoir complètement muselé les 200 dangereux manifestants tibétains qui allaient tout casser (l'ambiance surtout) dans le stade avec leurs grandes croix noires... J'espère qu'il y aura un avocat zurichois couillu
pour recourir contre ces mesures indignes de mon pays d'origine et totalement infondées juridiquement.
Ah, j'oubliais. L'autre nouvelle du jour, c'est l'installation d'une webcam dont le taux de rafraîchissement, bien que très variable, devrait permettre aux autorités suisses et chinoises de
collaborer étroitement à la traque des individus de mon quartier menaçant la "stabilité et la cohésion sociale" de leur pays respectif (la nouvelle webcam est sous ce lien).
Je suis vraiment désolé, mais ma conscience professionnelle et mon amour du travail bien fait me contraignent à parler encore une fois du dernier "Mission Impossible".
Dans ce film d'action, Tom pénètre par les toits dans la tour ouest (à gauche sur la photo ci-dessous) des Bocom Financial Towers (appelée "Hengshenlu" tower dans le film) situées dans le quartier
du Lujiazui du district de Pudong (voir article du 18 février 2006). Son plan consiste à faire le balancier depuis la Bank of China Tower pour tomber comme une fleur sur le toit en pente de la tour
ouest des Bocom. J'ai donc compris pourquoi Tom ne saute pas du Jinmao (voir article du 5 mai 2006)... on ne peut pas tellement faire le balancier depuis cette tour pour tomber sur une autre.
Tom dessine son plan malicieux sur la fenêtre de l'appartement où il se trouve (très réaliste, y a même du linge qui sèche dehors ce qui est très shanghaien), en reprenant le profil des tours Bank
of China, Bocom et Bank of Shanghai qu'il voit depuis cet endroit. Depuis cet appartement, il voit les Bocom de face et la Bank of China apparaît sur son profil, plus mince.
Après être entré dans les Bocom Towers pour chercher le "rabbit's foot", l'ami Tom en ressort par la fenêtre en parachute (2 minutes plus tard, rapide le gars!). Mais, là, c'est le choc pour le
spectateur averti ! Dans sa chute, Tom ne tombe pas dans le parc Lujiazui de Pudong... mais à People Square dans le Puxi, à 3 kilomètres de là. A l'arrière-plan, on voit en effet l'élégante
silhouette du Tomorrow square Tower de la place du peuple (voir article du 21 février 2006). En plus, Tom atterrit juste à côté
d'une autoroute aérienne. Y en a au centre de la ville, mais pas au Lujiazui...
Bon, ça prouve au moins une chose : je ne suis pas le seul à penser que le Lujiazui, au niveau du plancher des vaches, c'est pas vraiment folichon (article du 12 mai 2006).
C'est trop ça alors ! Le film sort le 5 mai dernier dans les salles (voir l'article du même jour) et avant-hier j'ai trouvé ceci dans la rue, pour 5 Yuans (75 centimes).
La fourre est vraiment bien finie. Ils ont même mis des mentions légales... On dirait presque l'original qui sortira dans 6 mois au mieux. Sauf qu'en visionnant ce DVD, on se rend vite compte que c'est pas un pressage à froid de première main. Et le type qui se lève sans cesse trois rangées de sièges devant la caméra, ça finit par énerver. Bref, encore un mauvais pirate. Ils aiment bien les pirates et les faux par ici. Paraît que c'est parce que la culture asiatique vise, par tout les moyens, à atteindre le beau et la perfection. Difficile dans ces conditions de protéger ses droits de propriété intellectuelle. S'agissant de ceux de Tom, l'adjectif est surfait.
- Ici aussi on trouve l'équivalent du bon vieux jeu télé des "Chiffres et des Lettres", mais sans Patrice Laffont. Seulement, en chinois, y a pas de voyelles ni de consonnes, mais des traits (de
pinceau à l'origine) composant chaque caractère... Alors ils font les chiffres et les lettres en même temps, en quelque sorte : le jeu consiste à déterminer le nombre de traits que comporte une
phrase de plusieurs caractères chinois. C'est impressionnant de voir les champions vous donner en deux à trois secondes le nombre exact de traits d'une phrase composée d'une vingtaine de
caractères. Faut vraiment avoir une très bonne mémoire photographique couplée avec une excellente faculté d'addition. Comme j'ai pas réussi à photographier convenablement la version chinoise, je
vous offre l'original.
- Voici LiYong, belle gueule d'animateur chinois (une tête carrée de présentateur vedette de Foxnews sur un corps de Chinois).
Outre sa propre émission "FeiChang6+1", dont je n'ai pas encore pigé les tenants et aboutissants, LiYong est l'un des impitoyables sélectionneurs de ... la Star Academy chinoise sur CCNTV 2
(une Star'Ac depuis très censurée par l'administration chinoise) ! L'émission s'appelle "MengXiang ZhongGuo"
(littéralement Rêve Chine) et voit passer les futures stars musicales chinoises. Comme à la Star Academy, on a droit aux larmes des éliminés, aux commentaires très froids et distants des
éliminateurs et à tout le monde qui se la joue sur le "Prime". En revanche, je ne sais pas si y a l'équivalent du Château de Dammarie-Lès-Lys pour chauffer les concurrents. Avec "MengXiang
ZhongGuo", la Chine prouve qu'elle est définitivement au même niveau que les pays dits "développés" ...