C'est assez évident maintenant, cette explosion d'un bus shanghaien à l'heure de pointe, causée par les "matières inflammables transportées par un passager" de la ligne 842 au nord de Shanghai, n'a rien d'un bête accident !

Il est vrai qu'à Shanghai, les passagers rentrent chargés de tout et n'importe quoi dans les bus. Toutefois, en admettant même qu'un migrant des campagnes ait décidé de transporter lundi matin à l'heure de pointe des jerrycans d'essence dérobés sur un chantier, encore fallait-il qu'une malheureuse cause extérieure les fasse prendre feu, ou plutôt exploser, au point de souffler toutes les fenêtres du bus et de carboniser 3 personnes sur place et d'en blesser 12 autres, dont 5 grièvement. Ecartez tout de suite le mégot de cigarette, les bus shanghaiens sont non fumeurs, et cette interdiction est très généralement respectée.

En Suisse romande, région du monde où la liberté d'expression sévit encore, Le Matin aurait sans doute déjà privilégié la piste de l'acte terroriste, avant même d'attendre les conclusions des experts.

Mais ici, la presse ne fait que réciter le communiqué de police, sans jamais parler d'un éventuel acte prémédité. Evidemment, on voit mal le régime de bananes offrir gracieusement aux terroristes la publicité qu'ils recherchent par leur acte.

Aujourd'hui, un nouvel élément prouve que Shanghai a bel et bien connu le premier acte terroriste d'avant les Jieaux : la police a lancé un appel urgent au public, priant celui-ci de l'aider à identifier l'une des trois victimes. La police a préféré afficher un portrait-robot (voir l'affiche ci-dessous) plutôt qu'une photo du cadavre carbonisé.

Alors, pourquoi cet empressement à identifier l'une des victimes d'un bête accident ? Les autorités sont-elles vraiment soucieuses d'avertir au plus vite la famille du défunt ? Bien sûr que non : vous avez sous les yeux la bouille du kamikaze. J'arrive pas vraiment à vous dire si ce type a plutôt l'air tibétain ou ouïgour.


A noter encore qu'à Hong Kong, région chinoise où souffle une petite brise de liberté, les journaux n'ont pas hésité à qualifier l'événement d'attentat suicide (ici l'AppleDaily, attention ça se corse, c'est en chinois traditionnel, évidemment). Sous ce lien, un autre blog, en anglais, qui conclut à la piste terroriste)


Jeudi 8 mai 2008

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... et ça fonctionne. C'est tout gobé par les esprits (faut bien l'avouer pas très critiques) de mes amis chinois. Petits coeurs affichant son patriotisme partout sur MSN, messages SMS appelant au boycott de CNN et des produits français (Carrefour en tête). Et des manifestations encadrées par le régime, comme en 2005 contre les Japs.


Affligeant.

Lisez sous ce lien comme l'excellent Frédéric Koller dresse un parallèle entre les événements de Tiananmen et ceux débutant le 14 mars à Lhasa en matière de propagande : les caciques de Pékin réécrivent à chaque fois l'histoire de façon tellement grossière et indigeste ... et pourtant, la masse chinoise semble tout gober.


Pendant ce temps, aux Etats-Unis, le New York Times lève le scandale des faux experts militaires payés par Bush fils à papa pour justifier la guerre en Irak et dire que tout va très bien Madame la Marquise. De la propagande également, comme en Chine. La grande différence, toutefois, c'est que les Ricains ont pu dénoncer la magouille après coup.


Lundi 21 avril 2008

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Difficile d'arriver à une autre conclusion : depuis les heurts sur le parcours de la se torche, le gouvernement a restreint sa politique d'octroi des visas professionnels ou pour tourisme de longue durée; pour résumer, à moins d'être officiellement enregistré comme résident employé ou étudiant, il faudra sortir du pays tous les 30 jours pour renouveler son visa... sympa ! (bon, ça va faire un peu les pieds aux expatriés qui vont tout d'un coup avoir plus de sympathie pour les ressortissants chinois en Suisse qui, eux, ont encore moins de possibilités de faire des séjours de longue durée)


En outre, il semblerait que la police à Pékin soit devenue un peu agressive avec les expatriés. Histoire de leur faire comprendre qu'il faut pas trop qu'ils ouvrent leur clapet pour protester. Interrogé par la RSR*, le fils de l'Ambassadeur belge aurait fait les frais de cette nouvelle politique d'intimidation.


*La RSR, vous savez, la radio pour laquelle les Suisses paient sans broncher 38 francs 50 (25 euros) par mois rien que pour avoir le droit d'écouter ses programmes AVEC de la pub... et dire qu'en plus les Suisses paient des impôts.
Mardi 8 avril 2008

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Signé dans Le Temps par Nicolas Zufferey, professeur en langue et civilisation chinoises à l'Université de Genève. Extraits.






Vendredi 4 avril 2008

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Encore une fois, les autorités chinoises viennent de cracher à la face du monde libre qu'elles n'en ont strictement rien à cirer de son avis. Un monde libre qui lui signera un chèque en blanc s'il participe aux Jieaux des Pékins. Parce qu'à part la marionnette du CIO, personne n'ose encore croire que cette grosse bastringue marketing n'est autre chose qu'un instrument politique, qui n'a rien à voir avec les spores.

Aujourd'hui, le régime a condamné à 3 ans et demi de prison l'activiste Hu Jia, père d'une petite fille de quelques mois, qui écrivait sur Boxun.com des articles sur la situation des droits de l'Homme avant les Jieaux, et militait pour la cause des malades du Sida.

Comme d'hab', l'article le plus complet est sur le New York Times. Le Geneva Times a fait pas mal non plus, avec ce bonus,qui explique le pourquoi du choc Occident - Chine en la matière.


Ci-dessus l'article sur CNN. Ci-dessous sur Reporters sans frontières.



Jeudi 3 avril 2008

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Pour un éclairage pro sur le choc Occident - Chine, posez la question au Professeur Zufferey à l'Université de Genève.

La Chine officielle s'offusque des dérapages de la presse étrangère sur la couverture des événements du 14 mars dernier, comme cette photo recadrée par CNN, qui fait disparaître des Tibétains jetant des cailloux.

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OUI, les journalistes occidentaux sont pétris de préjugés sur la Chine. OUI, il est vrai que les Chinois ont aidé la région du Tibet à se développer économiquement. Et, OUI encore, en matière de droits de l'Homme, les Ricains, comme les anciennes puissances coloniales européennes feraient bien de contempler leur histoire récente (qui parle des 800'000 Tutsis que la France a laissé massacrer ?), avant de critiquer le pays le plus peuplé de la planète, qui tente de trouver une solution viable pour le plus grand nombre.

Mais en cette année olympique, la Chine a elle-même souhaité sa surmédiatisation. Elle doit donc pleinement assumer le jeu des médias, qui ne couvrent que les événements sous le feu des projecteurs. Jusqu'aux Jieaux des Pékins le 8 août prochain, les journalistes étrangers ne vont pas lâcher leur os et, encore moins, accepter que le bureau de la propagande leur explique comment ils doivent travailler. Et les Etats-Unis profiteront des critiques pour affaiblir leur ennemi de demain.

Alors NON, la sensibilité d'un journaliste occidental ne lui permet pas de croire ce que raconte la propagande. Et NON, à défaut d'autres sources d'information, on ne peut pas exclure que les émeutes tibétaines aient été réprimées dans un bain de sang (le transport sur place, le 25 mars, de quelques "bons" journalistes étrangers sous contrôle serré chinois n'a pas permis de récolter cette information). Et NON encore, on ne nous fera pas croire que ces émeutes ne sont pas la conséquence de 50 années de mauvais traitements infligés à des citoyens de seconde catégorie.

L'intérêt des Chinois à maintenir un semblant de paix sociale dans leur immense pays est un intérêt digne de protection. Mais la foire olympique, voulue par Pékin, engendre un choc de civilisations dans lequel la voix monocorde de la propagande n'a plus sa place. Le régime de Pékin en est d'ailleurs pleinement conscient, puisqu'il tente de se donner une légitimité démocratique en citant aujourd'hui les réactions virulentes des blogueurs chinois contre la couverture faite par la presse étrangère. Ces mêmes blogueurs qu'il a censurés hier et qu'il censurera encore demain...
Samedi 22 mars 2008

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La Chaîne du Bonheur helvétique ouvre un compte spécial pour les victimes des ATROCITES commises par les forces sécessionnistes tibétaines contre les intérêts chinois à l'étranger. Soyez généreux !

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Mmwarf.
Mardi 18 mars 2008

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Le régime de Pékin se donne toutes les peines du monde pour nous faire croire que les événements du vendredi 14 mars dernier à Lhasa ne seraient que le fait d'un très petit nombre de casseurs, manipulés par le Dalaï-Lama. Et que la police et l'armée chinoises n'auraient pas tiré un seul coup de feu. Et que la vie aurait repris son cours normal à Lhasa depuis lundi, les enfants souriants allant normalement à l'école. Lalalalalalala, lalala, lalala. (A noter qu'à ce jour la propagande officielle ne fait toujours pas état, ni en anglais, ni en chinois, des autres villes hors du Tibet qui se seraient également enflammées; sans doute que la pression des journaux étrangers n'est pas encore assez forte sur ce point.)

Mais pour les nombreux visiteurs étrangers en cette année olympique, toute information provenant des organes officiels est plus que douteuse. En effet, la propagande chinoise a menti sur ce qui s'est réellement produit lors des événements les plus sanglants de son histoire récente, comme ceux qui se sont déroulés sur la place Tiananmen le 4 juin 1989 (des événements eux-mêmes précédés de quelques mois par des émeutes de Tibétains réprimées dans le sang). La propagande chinoise a toujours gardé sous silence, grossièrement minimisé, réagi sous la pression internationale ou rejeté sa responsabilité au sujet de tous les autres événements gênants de moindre importance (par exemple les révoltes des paysans, les scandales dans les briqueteries, la pollution en particulier la pollution de l'air, le scandale de la glycérine et les différents scandales sanitaires). La propagande chinoise n'a jamais mentionné, ou alors toujours en mal, ses citoyens qui espéraient exercer leurs droits constitutionnels (du dissident Hujia dont le procès-farce débute aujourd'hui, en passant par le journaliste Zhao Yan, l'activiste aveugle Chen, les opposants au Maglev ou les nombreux avocats menacés). Enfin, aucune contre-information objective et démocratique n'est possible sur Internet, Gollum ayant fermé les espaces d'expression libre et interdit le partage de vidéos sur la toile.

En théorie (Ah, la différence entre le droit écrit et la pratique ! Lisez encore l'exemple de la Constitution chinoise ...), les journalistes étrangers (mais, attention, seulement les étrangers) ont le droit d'enquêter en Chine sur n'importe quel sujet, sans autorisation préalable. Ce droit découle de la Charte des Jieaux. Mais il n'est pas appliqué. En pratique, pour un journaliste étranger cité par Le Temps aujourd'hui, le règlement permet d'interroger des pandas, mais pas des Tibétains. Un autre journaliste étranger mentionne les réponses invraisemblables données par les officiels pour empêcher la profession de partir pour le Tibet faire son travail. Aux dernières nouvelles, les journalistes ne pourraient pas se rendre à Lhasa "pour des questions de sécurité". Comme c'est bizarre ! Pourquoi les écoles seraient-elles ouvertes alors ?

Pékin laisse la place libre à tous les fantasmes. Et à défaut d'observateurs neutres, personne ne peut être certain que les événements de ce week-end au Tibet n'ont pas fait plusieurs centaines de morts.
 
"Si on sert trop une vis, le tournevis made in China finit toujours par pêter", proverbe de bricoleur suisse.

Sur la place Tiananmen à Pékin, en ce début de semaine, le tournevis policier tourne à plein régime, comme l'illustre la vidéo ci-dessous.


Mardi 18 mars 2008

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Les premières photos du Tibet sous loi martiale (plus aucun étranger ne peut y mettre les pieds) débarquent sur le net malgré la censure. Les vidéos arrivent également peu à peu (vidéos officielles chinoises sous ce lien, d'autres vidéos moins officielles ici); pour l'instant, en matière d'images animées avec du son, on n'a surtout le droit à des Tibétains insurgés du côté indien de la frontière.

Voici le temple de Lhasa en plein centre ville hier dans la journée ...

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Et lorsque nous y sommes passés en octobre 2007 ...

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Version officielle côté chinois
: seulement une dizaine de morts (et non pas 100 comme annoncé sur CNN), victimes des manifestants tibétains, la police et l'armée n'ayant pas tiré un seul coup de feu. A part la marionnette CIO, je ne sais pas trop qui va gober ça.

Et voici une vidéo trouvée sur radiofreeasia. On y voit une rue de Lhasa sous état de siège. De biens beaux camions qui sortent enfin dans des conditions de combat réelles.

Samedi 15 mars 2008

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A la base, la journée devait être patronnée par l'UNESCO, mais Reporters sans frontières a tout gâché en laissant sa langue de bois dans sa poche et en désignant spécifiquement des pays violant la liberté d'expression. Quelle absence d'esprit constructif ! Reporters sans frontières devrait prendre exemple sur la marionnette CIO et commencer par rapporter fidèlement ce que disent les organes de propagande des pays concernés avant ... avant de continuer à rapporter fidèlement ce que disent les organes de propagande des pays concernés, pour conclure son analyse objective en ... en rapportant fidèlement ce que disent les organes de propagande des pays concernés.

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Aujourd'hui, maigre contribution de vuilleblog à cette journée mondiale de la liberté d'expression en ligne, avec cette simple recommandation : Surfez intelligent sur un Mac (réduction du risque de virus ou de spyware) avec Firefox (projet ouvert, mis à jour bien plus régulièrement que l'usine à gaz Explorer) en utilisant des Proxys (ou serveurs intermédiaires) comme Tor (gratuit) ou anonymizer (plus rapide mais payant). Même depuis les pays les plus contrôlés du monde, à moins de couper complètement Internet (comme ça doit maintenant être le cas à Lhasa), il est TOUJOURS possible d'atteindre n'importe quel site par un Proxy.

Gollum ou Gargamel (c'est fou comme tous les méchants commencent par la lettre G) ne peuvent contrôler que les réseaux sur leur propre territoire. Ce qui signifie qu'en chiffrant les informations envoyées ET en passant par un serveur intermédiaire (Proxy) en dehors de leur territoire, ils n'auront jamais* la possibilité de connaître le destinataire final de la communication.

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* A moins, bien sûr, de consacrer le temps nécessaire à décrypter l'information. Ce décryptage causerait toutefois un tel ralentissement qu'il reviendrait à boucler Internet et toute l'économie qui va avec.

A noter pour finir que, malgré la loi martiale au Tibet depuis hier vendredi 14 mars 2008, Internet fonctionne toujours à Shanghai, et j'ai même pu accéder sans censure aux infos sur CNN. Etonnant. En revanche, youtube est bloqué, histoire d'empêcher les Chinois de voir les vraies vidéos des combats de rue. De toute manière, depuis le 31 janvier 2008, les Chinois n'ont plus le droit de partager leurs vidéos en ligne ...
Samedi 15 mars 2008

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Aux dernières nouvelles, des émeutes sévèrement réprimées par l'armée et la police chinoises ont éclaté cette semaine à Lhasa au Tibet. Des manifestants d'origine tibétaine seraient descendus ce vendredi dans les rues de la capitale et auraient incendié des biens appartenant aux chinois de l'ethnie Han. Contrairement à ce qui s'est passé lors de la répression de la fin octobre 2007, cette fois l'information est relayée partout en Occident. Ca va chauffer pour le régime de Pékin. D'autres photos et vidéos sous ce lien.

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Intéressante réaction du Comité International Olympique (vous savez, le CIO, celui qui organise les Jieaux des Pékins 2008), qui dit que sa principale source d'inquiétude c'est le terrorisme islamiste en provenance du Xinjiang, du côté de ces Ouïgours qui ont un peu trop des tronches d'arabes. Alors, la marionnette du CIO, main dans la main avec Pékin (qui a parlé d'une tentative de détournement d'avion par des Ouïgours), va nous la jouer "Menace terroriste d'Al-Qaida" comme les administrations Bush ou Poutine ? Tout a été orchestré par Bin Laden, c'est bien ça ? Et pis maintenant il faut encore limiter les libertés individuelles et transformer le Tibet en Guantanamo dans l'intérêt du monde libre ?

Au moins, le journal jenevois Le Temps se distancie des âneries ânonnées par la marionnette CIO. Appréciez les trois petits points après "L'analyse du CIO". Du moins, c'est ainsi que je les interprète.

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Vendredi 14 mars 2008

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S'ils devaient choisir une destination à l'étranger, les Chinois que nous croisons ne rêveraient que de partir pour les Etats-Unis. Un choix difficile à comprendre pour des habitants de la vieille Europe qui n'ont pas digéré les deux mandats de Bush fils à papa. Un choix qui se comprend d'autant moins lorsque l'on voit s'amonceler les nuages sur les relations des deux superpuissances. Avec le soutien militaire de l'indépendance de Taiwan par Washington (un soutien certes tempéré par la Gondole de riz, qui dit s'opposer à tout dépôt de candidature de l'île rebelle aux Nations Unies), comment le Chinois de la rue ne perçoit-il pas son prof américain d'anglais comme un espion en puissance ?

Le plus étrange dans tout cela, c'est que dans leur immense majorité, les Chinois du continent n'ont jamais mis les pieds dans le pays des garçons vachers.

Sur les 41 millions de Chinois ayant fait un séjour à l'étranger l'année dernière, seulement 320'000 sont partis aux USA. Un chiffre à comparer aux 203'000 Chinois accueillis en 2006 par la seule petite Helvetie. Dérisoire. Et les USA n'accueilleront que ce printemps leur premier voyage de groupe de Chinois, n'ayant signé un accord de statut de destination approuvée (Approved Destination Status ADS) qu'en décembre 2007. Ce statut, acquis par la Suisse en septembre 2004 déjà, permet aux tours opérateurs chinois d'écouler des Chinois en masse dans le pays signataire.

Le rêve américain des Chinois n'est donc que l'illusion véhiculée par la machine Hollywood, sur DVD piratés (lisez "Une histoire populaire des Etats-Unis" de Howard Zinn pour vous repasser le VRAI film).

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Mercredi 5 mars 2008

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Décidément, il ne se passe pas un jour sans que le gouvernement chinois, dans sa grande sagesse, donne suite à ses engagements pris lors de l'attribution des Jieaux des pékins !

C'est du délire ! Depuis le 31 janvier 2008, sur le sol chinois, seules les sociétés en mains de l'Etat pourront obtenir l'autorisation d'uploader (soit de mettre à disposition sur Internet) des vidéos, comme sur YouTube par exemple. C'est ce que stipule l'article 8 de la nouvelle réglementation du Ministère de l'industrie de l'information, article précisant les conditions d'obtention d'une autorisation spéciale pour mettre des vidéos à la disposition du public sur l'Internet chinois.

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Et vous avez un aperçu de ce qu'on ne verra plus sur l'Internet chinois en lisant l'article 16 dudit règlement. Sont interdites les vidéos (1) contraires aux principes constitutionnels fondamentaux, (2) menaçant l'unité, la souveraineté et l'intégrité nationale (Tibet libre?), (3) divulguant des secrets d'Etat, menaçant sa sécurité et portant atteinte à sa réputation (comme des vidéos parlant de la sécurité des consommateurs?), (4) instiguant de la haine, de la discrimination entre ethnies blablabla, (5) rendant public des cultes hérétiques et de la superstition (Falungong?), (6) perturbant l'ordre de la société et sa stabilité (tout le reste qui ne plaît pas au Régime en place?), (7) laissant des mineurs voir des scènes portant sur des activités illégales, de la violence, du sexe, du jeu, (8) insultant, diffamant, portant atteinte à la sphère privée et aux intérêts légitimes des citoyens, (9) mettant en danger la moralité de la société et la tradition des ethnies, et enfin (10) violant toute autre loi ou règlement.

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Cette nouvelle mesure de restriction des libertés individuelles a notamment pour but d'éviter la diffusion sur le net de vidéos comme celle ci-dessous, montrant les minis Tiananmen quotidiens (ou bien des vidéos montrant ce qui s'est vraiment passé dans les rues de Lhasa à partir du vendredi 14 mars 2008) (cliquez sous ce lien pour découvrir la liste des sites chinois interdits de partage de vidéos en ligne). On y voit des paysans assister à l'arrivée en masse de policiers et d'ouvriers venant détruire leur maison. La scène s'est déroulée le 9 janvier 2008 à Jinan, dans la province du Shandong. Les autorités étaient un peu mises sous pression sur ce coup, car la région, en particulier la ville de Qingdao, doit rapidos construire les installations permettant d'acceuillir les épreuves de voile des Jieaux. A la fin de la vidéo, le caméraman est délogé sous l'effet combiné d'une lance à eau et de jets de briques par les ouvriers venus procéder à la destruction forcée. A noter encore que les paysans scandent "Longue vie à Mao" (Maozedong wansui); ouais, parce que Mao, lui, il aimait bien les paysans. Sources : Radio Free Asia et Boxum.com.


Mardi 12 février 2008

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Le 13 novembre 2005, une explosion dans une usine de PetroChina à 380 kilomètres en amont de Harbin a fait cinq morts et libéré une nappe de benzène de 80 kilomètres de long dans le fleuve Songhua qui traverse la capitale. Après avoir attendu plusieurs jours avant d'avertir la population, dans un sain effort de transparence, les autorités ont interdit la consommation d'eau aux 9 millions d'habitants de l'agglomération de Harbin pendant une petite semaine. Histoire que le produit toxique passe son chemin et aille se dissoudre en aval dans les eaux du fleuve Amour.

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Voici à quoi devait ressembler le fleuve Songhua de novembre 2005 au printemps 2006. Si la nappe a bien coulé sous la couche de glace, le cocktail a dû être sympa au printemps 2006 lorsque le benzène piégé dans la glace a été libéré lors de sa fonte. Du benzène piégé dans la glace comme les glaçons qui s'imprègnent nécessairement un peu de la vodka dans un verre de Vodka on the Rocks, si vous voyez ce que je veux dire. Bon, je sais pas, je suis pas chimiste. Ci-dessous la fiche technique du poison.

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Lundi 4 février 2008

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Mazette, je savais qu'on ne pouvait pas photographier les aéroports militaires ou les dispositifs policiers (en particulier pendant les festivaux), mais aujourd'hui votre serviteur s'est fait interpeller propre en ordre pour avoir photographié ça : des guichets de vente de billets de train avec devant des pauvres Chinois ne trouvant plus de billet de train pour rentrer voir leur famille à nouvel an.

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Bein ça va être sympa pour les journalistes venus couvrir les Jieaux des pékins 2008. A part les athlètes, vont pas pouvoir photographier grand chose, hein. Passez sur le site de Reporters sans frontières pour avoir plus d'infos sur la situation des journalistes dans ce bô pays.



Dimanche 27 janvier 2008

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Du système pilote de reconnaissance faciale des 200'000 caméras de Shenzhen aux caméras sur le périph shanghaien avec des zooms 32 X pour immortaliser le doigt dans le nez d'un automobiliste, la Chine est un énorme studio de production cinématographique, avec le pékin comme vedette qui s'ignore. A faire hurler les défenseurs de la sphère privée, qui sprayaient encore il y a peu les caméras de surveillance installées dans le préau d'une école de la région lausannoise. Mais nous sommes dans l'Etat policier de la Chine, et ici mieux vaut pas trop contester.

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Cette semaine, c'est le système de surveillance du métro de Shanghai qui a fait parler de lui jusque dans l'excellent Le Matin. Des employés peu délicats ont filmé (et grivoisement commenté en shanghaien avant de se faire licencier), les embrassades passionnées d'un couple dans une station. Le cadrage est parfait, les employés disposant d'au moins trois caméras pour changer d'angle. La vidéo a été postée sur Youtube, qui n'est, étonnamment, pas encore censurée par ici (contrairement aux blogs étrangers). A quand la vidéo "à la Rodney King" d'un dérapage de la police shanghaienne sur un migrant, postée sur Youtube ?

Dans la même veine, le New York Times nous a dressé la liste des fournisseurs américains de technologies à usage de surveillance policière, qui ne rechignent pas à équiper les flics chinks. Des fournisseurs sur lesquels Washington pourrait mettre la pression. Parce qu'évidemment le beau Pays de la Liberté se doit de montrer l'exemple, hein.

 
Mercredi 23 janvier 2008

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Samedi 15 mars 2008, journée mondiale de la liberté d'expression sur Internet.

Respectant pleinement les engagements pris lors de l'attribution des Jieaux des pékins 2008, les autorités chinoises ont nettement amélioré la liberté d'expression en Chine. Alors qu'ils étaient accessibles en 2006, les dizaines de milliers de blogs hébergés chez Blogspot se sont tus courant 2007. Et aujourd'hui c'est au tour de l'hébergeur de blogs Over-blog (700'000 blogs au compteur) de disparaître des écrans chinois.

La censure, c'est un travail de longue et mauvaise haleine en Chine. Ca commence par les instructions du chef suivies à la lettre et une tentative d'application subtile permettant l'ouverture d'un site et la censure d'une partie seulement de son contenu (un exemple ici avec Wikipedia). Mais, manifestement, cette technique était trop subtile pour les censeurs chinois, qui ont préféré revenir à la bonne vieille méthode consistant à éteindre les sites anglophones les plus en vue le jour des publications posant problème (procédure appliquée au New York Times ou à CNN par exemple, des journaux comme Le Temps à Genève s'en tirent mieux encore car personne ne comprend le français ici), et à couper définitivement tous les autres sites rebelles moins en vue (comme Wikipedia, Amnesty.org et bien d'autres). Pour les blogs, comme les Chinois ne peuvent pas contraindre des hébergeurs étrangers à identifier leurs utilisateurs (une mesure qu'ils n'ont pas pu mettre en pratique dans leur propre pays d'ailleurs), ni à les dénoncer, décision a été prise de tout couper. Et Over-blog est la dernière victime en date de cette politique.

Mais l'action de Gollum est limitée par les spécificités intrinsèques de l'Internet, qui font que les Chinois ne contrôleront jamais plus que leurs réseaux nationaux : l'accès à un site censuré peut toujours s'effectuer de façon anonyme par l'intermédiaire d'une machine située hors de leur territoire. C'est ainsi que vuilleblog et les milliers d'autres blogs sur Over-blog ou Blogspot sont toujours accessibles en Chine pour qui installe le plug-in "Tor" sur Firefox.


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Samedi 19 janvier 2008

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CNN nous offre la première couverture vidéo, à ma connaissance, des instants qui ont précédé la répression policière de la mi-octobre 2007 au Tibet envahi. Cette répression a suivi la célébration par des moines à Lhasa, et ailleurs au Tibet, de la remise de la médaille d'or du Congrès américain au Dalaï Lama (cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo sur le site de CNN). Le réalisateur du reportage a dû voyager sous couverture de simple touriste pour récolter ces images et interroger les moines qui ont osé en parler.

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Des images tristes. Les vuille ont quitté Lhasa le jour de la remise de cette médaille. L'atmosphère était lourde, la police et l'armée omniprésentes, prêtes à faire taire la moindre expression de célébration de la part des Tibétains.
Vendredi 18 janvier 2008

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Hu Jia en a pris pour 3 ans et demi, quel beau pays ! 

Trêve de deuxième degré, la situation de Hu Jia est scandaleuse. Le NYTimes nous a préparé un article, sous ce lien. Et retrouvez ici le documentaire réalisé par Hu Jia lui-même lors de sa résidence surveillée. Le "procès" de Hujia a eu lieu le 18 mars 2008; selon les infos trouvées sur Internet, l'avocat de Hu Jia aurait été arrêté par la police le 18 mars juste avant le "procès", un "procès" qui se serait déroulé à huis clos "par manque de place dans la salle d'audience".

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Des activistes malveillants ont tenté de rameuter la communauté internationale sur le sort d'un jeune homme chinois de 34 ans portant le nom de Hu Jia (lisez sur ce lien leurs tracs internet avant qu'ils ne soient fermés), oups, ça a pas duré longtemps, Gollum a tiré a prise), arrêté pendant les fêtes après une longue période de résidence surveillée. Vaines manoeuvres, car personne ne lit le chinois en dehors de Chine, d'abord. A part peut-être le jeune journaliste du Temps, Frédéric Koller, qui nous a pondu un article sur le sujet.

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Il est donc reproché à Hu Jia d'avoir incité à la subversion du pouvoir de l'Etat. Si elle est avérée, cette infraction est des plus graves. Pour la mettre en abîme, imaginez un instant le sort réservé dans notre pays à celui qui porterait atteinte à l'ordre constitutionnel (art. 275 du Code pénal suisse) ou qui commettrait de la propagande subversive (art. 275bis du Code pénal suisse). Il est certain que nous n'accepterions pas des commentaires déplacés de Chinois nous expliquant comment traiter l'affaire et châtier l'impudent !

Et dans le cas présent, l'impudent n'en est pas à son premier coup ! "Après ce qui s'est passé le 4 juin 1989, le gouvernement n'a plus de légitimité; les dirigeants sentent que leur pouvoir est fragile" a notamment déclaré Hu Jia en mai dernier à des journalistes français (cliquez sous ce lien pour la vidéo). Inconscient, le jeune Hu Jia. Et d'abord, qu'est-ce qui s'est passé le 4 juin 1989, hein ? Bein rien, absolument rien.

Alors, pas de conclusions hâtives comme le fait le jeune journaliste du Temps, Frédéric Koller. Faisons confiance à la Justice du pays organisateur des Jeux Olympiques pour qu'elle établisse toute la vérité sur cette sombre affaire !

Innocent ou coupable, une chose est certaine, à la veille des Jeux Olympiques, la Chine vient de prouver à la communauté internationale que nul n'est à l'abri des lois sur son territoire, même pas l'effronté Hu Jia. Un exemple que l'Occident devrait peut-être suivre de temps en temps ...

Mardi 15 janvier 2008

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Il y a quelques temps, j'ai lu le blog d'un stratège militaire (dont j'ai malheureusement perdu le lien, je sais, c'est pas très professionnel) qui annonçait une prise de force de la province rebelle de Taïwan en cas de victoire du Parti démocratique progressif de l'actuel président de l'île Chen Sui-Bian, lors de l'élection du parlement taïwanais ce week-end.

Et bien le Parti démocratique progressif a perdu, laissant 81 des 113 sièges du parlement à l'opposition menée par le Parti nationaliste, le Kuomintang. Pékin aime bien le Kuomintang, parce qu'il n'exclut pas un rattachement futur de l'île de 23 millions d'habitants à la Chine. Plus prosaïquement, le Kuomintang est également favorable à l'instauration de vols directs entre Taïpei et la Chine (actuellement, hors période de vacances, les vols transitent toujours par Hong Kong, ce qui n'est vraiment pas pratique du tout).

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Il n'y aura donc pas de guerre éclair menée par la Chine pour reprendre Taïwan cette année. La Chine attendra que Taïwan revienne naturellement dans le giron de mère patrie. Les habitants de Shanghai, à portée des missiles plantés par les Ricains sur l'île de Formose, remercient les électeurs taïwanais pour leur sagesse.

Rebelotte le 22 mars avec l'élection du président taïwanais cette fois. Oui, car à Taïwan c'est le peuple qui élit son président, pas comme en Suisse où la tâche de faire le ménage revient directement aux parlementaires.
Dimanche 13 janvier 2008

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