Il y a bientôt deux ans, je vous parlais de ma colocataire et de ses premiers gros achats de consommatrice, un iPod et un téléphone portable par ici, un nouvel ordinateur portable par là. Quelques mois plus tard, c'étaient l'appareil photo numérique et la ouature.

Bein en début de cette année, ma petite Liu Wei a fait le saut : un nouvel appartement à 1'220'000 yuans (180'000 francs, 112'000 euros), le tout financé à hauteur de la moitié par un emprunt bancaire. Ca fait donc tout de même 90'000 francs suisses sortis directement de sa poche (c'est Liu Wei qui aide ses parents, inutile d'espérer une aide de ce côté) ... L'appart est situé dans le sud de la ville sur le terminus de la ligne 1, dans un quartier promis à un grand avenir en matière de développement, paraît-il. Pour du vieux, c'est plus cher que sur le site universitaire de Songjiang, mais c'est plus "centré" aussi.

Pour l'instant, ce trois pièces est occupé par l'une des sociétés de mon ancienne colocataire. Voici à quoi ressemble le salon et ses 6 postes de travail. Les employés peuvent s'entasser dans les deux chambres attenantes pour réduire au maximum le trajet domicile - lieu de travail. Joli, non ?

Lundi 28 avril 2008

ajouter un commentaire
Tous les prix en francs suisses, par kilogramme, produits du marché (entre parenthèses, le prix il y a quelques mois) :

- pois mange-tout, 2 francs (1.20 francs)
- tomates cerises, 1.50 francs (très peu d'augmentation)
- brocoli, 1.50 francs (1.20 francs)
- poireaux, 1.20 francs (90 centimes)
- pommes de terre, 75 centimes (45 centimes)
- oignons rouges, 50 centimes (45 centimes)
- pommes premier prix, 1.15 francs  (très peu d'augmentation)
- citrons premier prix, 3.30 francs (pas d'augmentation)
- viande de porc, 4.10 francs (2.30 francs)
- poitrine de poulet excellente qualité, 4.80 francs (4.30 francs)
- huile de tournesol, 2.40 francs (1.50 francs)
- riz, 68 centimes (pas d'augmentation)
- oeufs premier prix, 1.15 francs (90 centimes)

Les prix du porc et de l'huile (deux aliments de base de la nourriture chinoise) ont fortement augmenté récemment.

IMG_1064-copie-1.JPG

Samedi 23 février 2008

ajouter un commentaire
8 (HUIT) degrés dans l'appartement à notre retour de Harbin !!!! Et sans doute encore moins dans la salle de bains : il faut que le thermomètre descende à combien pour que l'huile de Jojoba passe de l'état liquide à l'état solide ? Et 8 degrés humides dans ce hammam moite qu'est Shanghai, j'aime mieux vous dire que ça vous transperce le Odlo jusqu'aux os !

sdfe.png
Quelle idée intelligente de ne pas avoir équipé les maisons de chauffage central au sud du fleuve Yangtsé ! Pour survivre dans son appartement, tout simplement pas d'autre solution que d'allumer à fond toutes les clims et tous les chauffages d'appoint.

clim.png
Un désastre sur le plan écologique (Shanghai comme le reste de la Chine génère une grande partie de son électricité en brûlant du charbon) et une belle saignée dans le budget mensuel : 811 yuans (125 francs suisses, 78 euros) de facture d'électricité par mois. Tout ça pour un massif 1122 kwh en heures pleines et 387 en heures creuses. Si j'en crois le site officiel de la ville de Lôzan, la même consommation délire m'aurait coûté plus de 300 francs au bord du lac Léman. Le kwh en heures pleines est à 10 centimes à Shanghai contre 23 centimes (28 centimes depuis 2008) à Lausanne.

undefined



Dimanche 10 février 2008

ajouter un commentaire
La Bourse de Shanghai ouvre cette semaine avec un indice à 5757 points. 5757 points c'est un peu au-dessus de l'indice à fin octobre 2007, juste avant la chute du mois de novembre 2007, dans le sillon des autres bourses mondiales. La Bourse de Shanghai va-t-elle parvenir à continuer sa progression pour finir l'année du cochon en beauté et doubler la mise de février 2007 de 3000 points ? Je retiens mon souffle (mais l'année commence mal).

Juste encore une précision : la capitalisation boursière des sociétés chinoises est maintenant de 4'700 milliards de dollars, surpassant la capitalisation des sociétés japonaises (4'400 milliards de dollars) pour prendre la deuxième place derrière les Etats-Unis.

undefined
Alors, à quand les commentaires des journaux financiers en direct de la bourse de Shanghai au lieu de celle de Wall Street ?
Lundi 14 janvier 2008

ajouter un commentaire
Lorsqu'ils remontent à Lausanne, les vuille cassent leur bas de laine et vident leur cochonnet pour s'acheter cette étrangeté locale qu'on appelle le "Franc suisse".

Pour rapidement constater qu'un "Franc suisse" s'achète bien cher et ne permet plus de payer grand chose.

Les ingrédients du moindre repas en tête à tête, paf, huitante balles.

dale.png
Mais la palme d'or revient aux produits spécifiques pour le bain de nez, dont l'usage est recommandé lorsque celui-ci est bouché à force d'avoir trop profondément respiré l'air pur des montagnes : 17 francs et huitante centimes pour un flacon de 125 ml, soit près de 1000 yuans le litre d'eau de mer, la moitié du salaire mensuel moyen d'un chinois ! Ouah, l'industrie pharmaceutique suisse a vraiment de belles années devant elle.

triom.png

Samedi 29 décembre 2007

ajouter un commentaire
3000 points en février, 4000 points en juin5000 points en août, et 5667 points aujourd'hui et ceci APRES trois chutes journalières successives de  1,4%, 3,5% et 2,59% dues aux incertitudes sur le marché ricain. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la bourse de Shanghai, à tout le moins son indice, nous fait une progression d'enfer depuis le début de l'année...

291003bjm.gif
Faut vraiment que je demande des comptes aux deux Chinoises auxquelles j'ai confié mes pépettes (les investissements directs par des étrangers sont [étaient?] impossibles)... Oui, j'avoue, mon âme naturellement prolétaire et sceptique a cédé et j'ai investi dans ce grand casino capitaliste qu'est la bourse de Shanghai. Mais faut aussi dire qu'il faudrait être bête de ne pas ramasser une part du gâteau, ou bien?
Lundi 22 octobre 2007

ajouter un commentaire
Alors que les autres bourses mondiales se remettent difficilement de la grosse casse des deux dernières semaines à cause des crédits immobiliers ricains pourris (certaines bourses ont tout simplement réduit à zéro les gains depuis le début de l'année, devenant du coup moins attractives qu'un compte courant à la Banque Cantonale Vaudoise), l'index du casino géant de Shanghai se porte bien, merci pour lui. Il vient même de faire exploser le plafond des 5000 points.

Pour que vous puissiez vous rendre compte, c'est 500 points au-dessus du sommet historique de 4500 points qui a précédé la dégringolade de 15% à fin mai. Les Chinois qui ont gardé leurs titres malgré cette chute et celle de 8% le 27 février, ont en moyenne fait du 100% depuis janvier 2007. Difficile de faire mieux. A ce rythme, les  Chinois vont nous refaire le coup d'une croissance de plus de 150% sur un an!

ssee.jpg
Yan Na, qui a gardé ses actions malgré la tourmente
, a déjà 60 euros de gains au compteur, plus d'un quart de son salaire mensuel. De quoi sourire, comme les autres investisseurs shanghaiens.

Jeudi 23 août 2007

En avril, ce blog avait tonitrué un peu trop haut et un peu trop fort à la lecture du chiffre de 1,7 millions de Chinois gagnant plus de 1000 euros par mois. Après vérifications, ce chiffre ne correspond en effet pas au nombre de Chinois gagnant un revenu annuel supérieur à 120'000 yuans (12'000 euros), mais au nombre de Chinois ayant déposé dans les temps leur déclaration d'impôts comme contribuable réalisant ledit revenu annuel. Ce qui n'est évidemment pas la même chose...

La tête froide, vuilleblog reprend son calme et analyse avec vous les dernières statistiques à sa disposition.

Selon le chiffre officiel frais du jour, 6,5 % de la population chinoise, soit 80 millions de Chinois, feraient partie de la "classe moyenne", concept qui comprend en Chine des individus réalisant un revenu annuel se situant dans une fourchette entre 60'000 et 500'000 yuans (6'000 et 50'000 euros).

Voilà qui semble déjà plus conforme à la réalité.

On peut maintenant affirmer que le nombre total de Chinois gagnant plus de 60'000 yuans est un nombre N1 supérieur à 80 millions (N1 > 80'000'000 personnes), et que le nombre N2 de Chinois gagnant plus de 120'000 yuans est certainement inférieur au nombre N1 (N2 < N1).

Vous l'aurez compris, la grande inconnue c'est maintenant le nombre de Chinois gagnant annuellement plus de 500'000 yuans (50'000 euros). Je descends voir dans la rue et je remonte vous dire.
Lundi 18 juin 2007

ajouter un commentaire
La bourse de Shanghai a beau avoir déjà repris de belles couleurs depuis sa chute de début juin, elle n'en est pas pour autant remontée à son record historique de 4'500 points (Note : voyez comme le "record historique" a été battu depuis...). Les petits boursicoteurs y ont donc laissé des plumes. Beaucoup de plumes.


C'est le cas du groupe d'investisseurs amateurs, dont fait partie ma protégée Yan Na, employée de bureau, qui a au total perdu près de 5000 yuans (500 euros). La part de Yan Na dans ce pool se montait à 1000 yuans (100 euros), la moitié de son salaire mensuel. Yan Na met la faute sur le gouvernement qu'elle dit même "détester", dans un grand éclat de rire toutefois.


Mardi 12 juin 2007

ajouter un commentaire
Chute des marchés boursiers chinois (Shanghai et Shenzhen) ? Une chute du marché plus importante encore que celle de février ? Une chute, vraiment ?


Pas vraiment si l'on regarde la croissance affichée depuis le début de l'année (plus de 50 %), et ça après deux années successives totalisant plus de 300 % ! La chute de février et celle de ces derniers jours est un correctif, important certes, mais un correctif qui n'a de loin pas entamé toute la croissance phénoménale du secteur accumulée ces derniers mois. Pour s'en convaincre, regardez comme la croissance de l'index à repris après la chute du 27 février (-8.8%), dont vuilleblog faisait tout un plat. Note : bein en effet, la bourse est bien remontée depuis.

C'est qu'ils sont incorrigibles ces chinois ! Le gouvernement a eu beau tripler les droits sur les transactions boursières pour refroidir le chauffeur de taxi et le retraité moyen, ils continuent massivement à jouer aux petits actionnaires au rythme de 10 nouveaux comptes boursiers ouverts... chaque seconde ! Chaque seconde 10 nouveaux Chinois disposés à ajouter de l'argent frais dans la machine...

En fait, le marché boursier est un peu à l'image de la croissance de l'économie chinoise en général : Plus de 10 % de croissance par an et cela malgré les interventions massives du gouvernement pour refroidir le moteur ... Incroyable lorsque l'on vient comme moi d'un pays où le gouvernement doit prendre des mesures pour tenter l'inverse, soit augmenter un taux de croissance pâlot !

En définitive, la question, tant pour la bourse chinoise (dont les spécialistes s'accordent à dire qu'elle a une importance assez marginale sur l'économie chinoise) que pour la croissance de l'économie en général, est bien de savoir si la Chine est bien LA future grande puissance économique qui justifie que tant d'investisseurs, chinois et étrangers, y placent leurs billes.

Une chose est sûre, d'ici à ce que l'on ait la réponse à cette question fondamentale, grâce à sa balance commerciale excédentaire avec l'Amérique, la Chine aura les coudées franches avec ses 1200 milliards de dollars de réserves monétaires. Des réserves qu'elle peut maintenant utiliser, en bon capitaliste, pour acheter des entreprises sur le terrain de l'ennemi ricain de demain. Histoire de diversifier un peu ses investissements et de prendre le contrôle du monde à la barbe des inventeurs du capitalisme planétaire ! Excellent !
Lundi 4 juin 2007

ajouter un commentaire
Un million et 700'000 personnes. C'est le nombre, annoncé très officiellement, de Chinois ayant déclaré aux autorités gagner plus de 10'000 yuans (1000 euros) par mois ou 120'000 yuans (12'000 euros) par an. Les autorités viennent en effet d'introduire un nouvel impôt frappant spécialement cette catégorie de revenus et les contribuables concernés avaient un délai pour s'annoncer.

Un million et 700'000 personnes, c'est moins de 0,2 % de la population chinoise. Ou moins de 9 % de la population de la seule ville de Shanghai si l'ensemble de ces "riches" Chinois habitaient la capitale économique du pays (ce qui n'est, bien évidemment, pas le cas).

Ouah !

C'est le genre d'annonce qui paralyse pendant quelques longues secondes de réflexion, dans une position qui donne un air particulièrement stupide et qui favorise, si elle est prolongée, l'apparition d'un filet de bave gouttant sur le clavier d'ordinateur.

Donc, si l'on se fie au nombre de Chinois qui ont déposé leur déclaration d'impôts, j'ai partagé l'année dernière un appartement avec une Pékinoise parmi les 0,2 % des personnes les plus riches de Chine. Si j'aurais su, Si j'avais su, je ne l'aurais pas invitée aussi souvent au restaurant et j'aurais refusé de prendre à ma charge l'entier des frais de la ligne Internet !

Et sur ces 1,7 millions de Chinois qui palperaient plus de 1000 euros par mois, combien gagnent les 10'000 euros par mois nécessaires pour s'offrir la grande vie qui s'étale à perte de vue au centre de Shanghai ? Vraisemblablement seulement quelques dizaines de milliers répartis dans toute la Chine. Les boutiques de luxe sur Huahai, Nanjing ou le Bund (celles du Grand Gateway de Xujiahui ne sont pas mal non plus) devraient très très sérieusement s'inquiéter et arrêter d'étendre encore leurs surfaces de vente !

Et ces dizaines de milliers de grosses berlines allemandes qui encombrent les artères de Shanghai, elles sont offertes aux pauvres Chinois pour augmenter artificiellement les parts de marché de la marque, peut-être ?
Vendredi 13 avril 2007

ajouter un commentaire
vuilleblog a déjà parlé thune chinoise ici et .

Mais rien n'a encore été dit sur l'argent comme moyen de préserver l'harmonie sociale en offrant à chacun l'illusion de participer à la nouvelle société de consommation chinoise avec les moyens de paiement qui vont avec.

Ci-dessous le set de Monopoly pour les enfants. Des piècettes de 1 et 5 fens, soit 0,1 et 0,5 centime d'euro, en alliage de tellement mauvaise qualité que vous n'arriverez pas à les utiliser pour dévisser le couvercle qui protège la pile de votre Swatch. Les enfants s'en servent pour jouer à la midinette.


Voici coupons de papier réservés aux pauvres parmi les pauvres. Du type paysan de l'arrière-pays ou migrant perdu en ville de Shanghai. Vous remarquerez le sourire des minorités ethniques dans leur costume traditionnel. De quoi redonner confiance au porteur du billet ou de la pièce d'une valeur de 1 jiao (1 centime d'euro). S'il parvient à en récolter 10, il pourra peut-être s'acheter un petit pain à la vapeur qui calmera sa faim avant d'aller dormir sous un pont.
 
Voici le set de Monopoly de l'Aiyi (la femme de ménage bonne à tout faire chinoise, très appréciée par la femme d'expat moyenne) : le yuan (10 centimes d'euro). Mais, attention, à l'unité seulement ! En une heure, l'Aiyi en gagnera 8 en moyenne. Après avoir touché son pactole, elle pourra rentrer s'entasser avec toute sa famille dans son taudis de l'arrière-Shanghai après 1 heure de trajet qu'elle fera à pied (la course de bus à deux yuans ou plus n'entre pas dans son budget et s'acheter un vélo à 200 yuans est un vieux rêve qu'elle espère réaliser un jour).


Viennent ensuite les yuans à la dizaine réservés au chauffeur de taxi comme à l'étudiant fraîchement dîplomé. Avec son premier salaire à l'essai de 2000 yuans, ce dernier veillera à ne pas en dépenser plus de 20 pour ses repas quotidiens. Pour le rassurer sur son avenir économique capitaliste, timoniais Mao le gratifie de son sourire.


Et, enfin, la tranche réservée à la nouvelle "classe moyenne" chinoise, au milliardaire chinois comme au riche expatrié. La plus grosse coupure de 100 yuans (10 euros).


Mais ces coupures ne sont pas pratiques du tout ! Merci au gouvernement de penser un peu aux pauvres porte-monnaie des riches en émettant de nouveaux billets de 1000 ou 10'000 yuans. J'espère être entendu.
Lundi 19 mars 2007

ajouter un commentaire
Suite de l'étude anthropologique de Liu Wei, chinoise directrice d'une petite entreprise familiale dans l'exportation de textiles. (sous ce lien les nouveaux locaux achetés par Liu Wei)

Aujourdhui, Liu Wei s'est acheté un appareil photographique numérique (texto : "pas cher, seulement 2000 yuans", tout de même 1 fois le salaire mensuel de son employée la moins bien rémunérée) ...


et une ... voiture. Sa première voiture. Une voiture chinoise à motorisation japonaise. 50'000 yuans (7500 francs suisses), 30 mois de salaire de son employée la moins bien rémunérée...


Et même maman profite. Regardez comme sa fille l'a entièrement relookée à la mode de Shanghai !



La suite dans quelques semaines avec l'achat d'un appartement.
Dimanche 4 février 2007

ajouter un commentaire
Mais que alors qu'est-ce qu'ils utilisent comme billets les Chinois de Hong Kong pour faire le shopping (activité no 1 de la ville) ? Bein, plus des billets à l'effigie de sa Majesté puisqu'ils sont plus sous le joug brit'. Et pis pas des yuans émis par la Banque nationale de Chine non plus puisqu'ils sont pas complètement chinois et qu'on leur accorde encore (pour quelques temps) un statut privilégié. Ils ont donc leurs propres billets de monopoly (avec une coupure de 500 dollars bien pratique) émis pour certains par la Hong Kong and Shanghai Bank Corporation Limited, la HSBC. Un peu comme si notre bonne vieille BCV émettait sa propre monnaie, quoi !


Ah, j'oubliais, question de fierté de la Chine continentale sans doute, 1 dollar de Hong Kong vaut 1 yuan chinois... mais pour le même service il faudra sortir au moins deux fois plus de dollars à Hong Kong que de yuans à Shanghai.
Lundi 18 décembre 2006

ajouter un commentaire

Les cartes de crédit étrangères ne sont (de loin) pas acceptées partout. Avec la plus grosse coupure à 100 yuans (10 euros), les frais d'installation rendent nécessaire d'avoir à disposition des montagnes de cash. Et un distributeur ATM vous crache au maximum 30 billets ou 3000 yuans (300 euros) à la fois ...

Mardi 21 novembre 2006

ajouter un commentaire
Les affaires de ma colocataire Liu vont bien. Elle remercie ses clients et, en général, tous les acheteurs occidentaux de produits chinois.

Les derniers achats de Liu (répartis sur une semaine, ça lui fait trop peur de tout dépenser en un seul jour ...) : un ordinateur portable (1500 francs), un iPod vidéo (500 francs avec les accessoires) et un téléphone portable dernière génération (600 francs, prix fort, les offres à la Jaune, Sunset ou Chinacon avec conclusion d'un abonnement de un ou deux ans ça n'existe pas en Chine). Malheureusement pour nous, l'ensemble de ces produits est fabriqué en Chine (et est seulement conçu à l'étranger). Pas de retombées pour l'Occident donc. Liu, qui ne paie pas d'impôts grâce à l'encaissement de ses factures par une structure basée à Hong-Kong, estime faire son devoir de redistribution des richesses en consommant.



Ma colocataire se doute-t-elle déjà qu'elle pourra bientôt s'offrir un appartement ?
Jeudi 6 juillet 2006

ajouter un commentaire

Le journal britannique Mail on Sunday a mené une enquête sur les conditions de fabrication des iPod en Chine. Dans un article publié le week-end dernier, on apprend que la marque à la pomme soustraite sa production en Chine à une entreprise du nom de Foxconn qui emploie jusqu'à 200'000 personnes sur un seul et même site. Les employés du site de Foxconn dans la ville de Suzhou, à une heure de Shanghai, gagneraient 100 dollars par mois (environ 800 yuans), mais la moitié de ce montant leur serait facturé pour les frais de logement et de nourriture. Les employés seraient presque exclusivement des femmes choisies parce que "plus honnêtes que les hommes". Les déplacements des ouvrières hors de leur usine - logement seraient limités.

Dans un premier temps, j'aimerais préciser que je ne suis un chantre ni du capitalisme, ni de la mondialisation et que, dans l'idéal, je souhaiterais que tout le monde sur cette terre puisse jouir du même niveau de vie et du même accès aux biens, aux richesses et à la formation (mais... bon sang, je suis COMMUNISTE !).

Cela exposé, soustraiter sa production en Chine (ce sera bientôt le cas d'un objet de consommation sur deux ?) offre en quelque sorte aux entreprises la possibilité d'une double délocalisation, la première internationale et la seconde interne à la Chine. Le gouvernement maintient en effet séparés (et de manière très contrôlée) dans son propre pays les citadins des non citadins, cette seconde catégorie sociale n'ayant pas accès au même niveau de vie (tout simplement parce qu'il n'est économiquement pas possible de le lui garantir, voir également l'article du 24 mai 2006 sur le Hu Kou).

Si l'on admet l'existence du Hu Kou et le nécessaire contrôle des flux migratoires à l'intérieur de la Chine, il en découle que :

- l'employeur doit assurer le logement des ouvriers migrants qu'il fait venir massivement des campagnes éloignées de plusieurs centaines de kilomètres. Pour remettre les pendules à l'heure, c'est également la pratique dans la culture des fruits et légumes au Portugal et au sud de l'Espagne avec les illégaux africains et ... dans mon canton de Vaud pendant les vendanges (j'entends dire "oui, mais ça c'est différent") ou durant la récolte des feuilles de tabac. Ci-dessous, les ouvriers migrants du bâtiment sur un chantier de mon quartier.


- le contrôle des déplacements des migrants est indispensable dans la logique du Hu Kou chinois. Pratiquement, cela a au moins pour effet bénéfique de maintenir une population rurale, d'éviter que toutes les campagnes finissent dans des favelas aux portes des villes et de garantir un minimum de gain aux migrants (puisque leur nombre est limité). En outre, à tort ou à raison, les migrants sont perçus comme plus criminogènes et comme devant être plus contrôlés. On comprend qu'ils puissent céder à la tentation du crime lorsqu'ils se rendent compte des différences de niveau de vie durant leurs séjours urbains.

- Quant aux salaires mensuels versés de 400 yuans, nourriture et logement payés, je pense qu'ils doivent permettre aux ouvrières de renvoyer quelque chose dans leur famille à la campagne. Ma logeuse dans le Pudong (où la vie est sans doute plus chère qu'à Suzhou, voir article du 15 février 2006) s'en sortait avec une rente vieillesse de 1000 yuans, seul le logement étant déjà payé. 1000 yuans, c'est également le salaire minimum dont on m'a parlé pour des petits jobs comme serveur, ou pour un premier emploi dans l'administration.

En définitive, sur un plan purement économique, si l'on accepte l'idée que le gouvernement chinois, pragmatique, ne peut pas (encore?) garantir les richesses des citadins aux non citadins, le résultat de l'enquête du Mail on Sunday n'a rien de choquant. Cela est d'autant plus vrai si l'on considère le fait que les consommateurs occidentaux ne se plaignent en général pas trop au moment de passer à la caisse.

Je propose une solution révolutionnaire : l'iPod fait main à la Vallée de Joux dans une usine où les ouvriers toucheraient un salaire suisse, un treizième et une participation aux bénéfices, avec toutes les assurances et le deuxième pilier, horaires conformes à la Loi sur le travail et 4 semaines de vacances par année. Prix de l'objet, sans accessoires, 5'625 francs dans son modèle de base. Qui est preneur ?

Mercredi 14 juin 2006

ajouter un commentaire
Envie de donner un coup de lifting à votre vieil ordinateur portable ? De remplacer son disque à 4200 tours/minute par un disque tournant à 7200 tours/minute (la vitesse, c'est plus important que la capacité; mais ça risque aussi de faire chauffer la bête) ? D'y ajouter une barrette de 1 GB de RAM 333 MHz ? De changer sa carte vidéo (bon là, c'est plus risqué, sur le mien faut démonter l'écran... j'hésite encore) ?

Alors direction le supermarché de l'électronique du quartier. J'en ai déjà visité trois. Les petites boutiques s'y succèdent sur plusieurs niveaux, dans une ambiance de marché.


Naturellement, il faut négocier et prendre son temps. Mais jusqu'à présent, pour le disque dur à 7200 tours minutes, 60 GB de capacité, le prix tourne inflexiblement autour des 120 francs. Idem pour ma barrette de RAM de 1 GB. Alors c'est un peu moins cher qu'en Suisse (plutôt dans les 150 francs voire plus), mais pas tant que ça si l'on tient compte des risques sur la garantie.

Peut-être qu'il faudrait que je délègue cette tâche à un Chinois pour descendre encore. Etre occidental, c'est pas bon pour obtenir le meilleur prix, même si on parle chinois. Mais ce qui est étrange, c'est que sur ces deux produits (et sur ces deux produits seulement), les vendeurs ne me courent pas après lorsque je leur dis que c'est trop cher et que je m'en vais...
Mercredi 17 mai 2006

ajouter un commentaire

A la demande d'une accro de ce blog (si, si, ça existe), j'ai vidé mon porte-monnaie.

Alors voilà les deux plus grosses coupures de 100 yuans (16 francs) et 50 yuans. La seconde est assez rare. Quant à celle de 100 yuans, elle doit être passablement falsifiée, parce que chaque fois que je l'utilise, on la scrute sous toutes ses coutures pour s'assurer que ce n'est pas un faux. Bon, pas très pratique pour payer d'importants montants cash, comme par exemple les 3 premiers mois d'un loyer d'avance plus la garantie d'un mois. Pour les gros achats, faut vraiment arriver avec une valise de billets de 100.

 La suite avec les billets de 20, 10 et 5 yuans.

Et enfin la petite monnaie avec les recto et verso des pièces de 1 yuan (15 centimes suisses), 5 et 1 jiao (ou mao), soit respectivement 50 et 10 cents de yuans. Un cent de yuan se dit "fen" en chinois. Je ne crois pas que les pièces ou billets de 1 ou 5 fen existent, pas comme en Suisse, donc, où le Conseil fédéral a finalement décidé de ne supprimer que la pièce de 1 centime et de garder celle de 5 centimes... Les deux billets ont une valeur de 1 yuans et de 2 jiao (ou mao). A noter que les pièces de 1 yuan sont très pratiques pour payer les courses de bus. On les jette simplement dans une caisse près du conducteur. Au début, je pensais que le conducteur ne pouvait pas vérifier le montant payé et j'ai un peu utilisé mes pièces de 5 ou 1 jiao (des économies de bouts de chandelle et pas très très beau de la part d'un juriste, je sais). Seulement j'ai fini par découvrir qu'il y avait une vitre de l'autre côté de la caisse... le conducteur a donc dû remarquer que je resquillais. Il n'a rien osé dire parce que je suis un Lao Wai (étranger) ?

Vendredi 14 avril 2006

ajouter un commentaire

Shanghai c'est bon marché pour un Suisse si vous vivez comme un Shanghaien très moyen. En revanche, si vous voulez vivre le train de vie de l'oncle fortuné, ça devient vraiment beaucoup plus cher. Prix de l'appartement de 130 mètres carrés au rez-de-chaussée avec le salon salle à manger pris en photo dans l'article du 3 mars 2006, trois chambres et deux salles de bain: 2'000'000 de yuans ou 320'000 francs environ (pour la comparaison, l'acte de  propriété chinois est toutefois limité à 70 ans). C'est peut-être encore moins cher qu'en Suisse, mais le Shanghaien très moyen avec ses 3000 yuans (moins de 500 francs suisses) de salaire ne pourra jamais se l'offrir. Idem à la location, celle-ci se montant à 8000 yuans ou 1'300 francs suisses... Quant à la Volkswagen Passat dernier modèle intérieur cuir de l'oncle fortuné, elle se vend 250'000 yuans ou 40'000 francs suisses.

Enfin, à titre de comparaison des salaires, un professeur peut gagner de 5000 à 8000 yuans alors que la fourchette pour un employé de bureau se situera plutôt entre 2000 et 4000 yuans. Quant à l'étudiante qui vient me donner des cours, je lui donne 100 yuans, soit 17 francs suisses, pour deux heures et demie de cours, y compris ses frais de déplacement (20 yuans au total). Il faut dire qu'aller-retour elle en a pour presque 2 heures de trajet ! Mais elle trouve qu'elle est correctement payée...

Mardi 7 mars 2006

ajouter un commentaire
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus