... c'est parce qu'on bosse, nous aussi ! Le chinois ne s'apprend pas comme l'espagnol en une année passée sur une plage avec des jolies filles, non, pas vraiment.
De temps en temps, les représentants de la Suisse officielle invitent les membres de la communauté des porteurs de passeports à croix blanche pour une petite agape aux frais des services de la mère
Micheline. Dernièrement, les vuille ont été de la partie.
Mais, immense déception, ils n'ont pas servi les Rochers Ferrero.
Les compounds (xiaoqu en chinois) sont des quartiers composés de plusieurs tours, entourés d'une enceinte. Les plus grands compounds de Shanghai hébergent la population d'une ville suisse de
moyenne importance. Lorsqu'on n'a pas les moyens de s'offrir une villa d'époque dans la concession française, on vit
dans un compound. Y en a pour les pauvres et pour les riches.
Et, luxe suprême, certains compounds proposent à leurs habitants des piscines d'intérieur pouvant atteindre 50 mètres de long. Le rêve lorsque l'on débarque d'une ville comme Lausanne, qui n'a même
pas de bassin olympique couvert ! Imaginez la piscine de Mont-Repos, en plus propre, pour vous tout seul (oui, parce que les habitants des compounds n'ont jamais le temps de nager), à 4.50
francs suisses l'entrée. A milles lieues de la piscine publique de Shanghai, et pour presque le même prix.
Alors, que font les Chinois à cette période cruciale ? Bein, Ils mangent avec la famille du côté paternel ...
... ils rempilent avec les cousins et cousines ...
... avant de remettre un couche de raviolis à minuit (il paraît que ça porte bonheur), dans la famille du côté
maternel.
Et pendant les entremets, les Chinois jouent en famille au majiang (le célèbre jeu composé de 136 plaques rectangulaires, que nous prononçons et orthographons mahjong). La mise de base est de un
yuan, c'est pas très sérieux.
Au final, gavé comme une oie et vraiment très alcolisé, je n'ai absolument pas le souvenir d'être monté sur une colline et d'y avoir été photographié en compagnie, notamment, d'un agent de police
en uniforme.
Ca y est, l’hiver shanghaïen est de retour. Rrrrrr! Moi qui adore regarder la neige tomber bien installée dans un appartement d’une douce chaleur.... eh bein c’est raté ! De retour après les fêtes
de Noël, c’est dans un appartement à 14°C bien humide qu’on se retrouve (pour rappel à Shanghai le chauffage central
n’existe pas). Le genre de situation qui fiche le moral bien bas. Alors on s’emmitoufle. Chemisette en soie et
laine pour madame, Odlo pour monsieur, puis triple voire quadruple couche de tout ce qui nous passe par la main. Surtout avertissez avant de passer chez nous pour un café, on n’a juste l’air de
rien.
Mais nous ne sommes pas les seuls qui souffrons. Les fenêtres de notre chambre à coucher ont aussi beaucoup de peine à faire surface. Grâce à notre clim adorée - bonjour la facture d’électricité et
le réchauffement planétaire - et à la vapeur de la douche bien chaude, les fenêtres ruissellent sans arrêt. A tel point qu’on n’y voit plus rien et que le chat n’a plus besoin d’écuelle d’eau. Il
va se servir directement sur les vitres. C’est tellement meilleur. Bien Kieran, continue ! Lappe aussi un peu les
rigoles d’eau sur le rebord, ça nous évitera de voir éclore des tas de jolis champis !
Eh oui, on a craqué. Une petite boule d’amour de poils noirs, avec quelques tâches blanches (un
autre Samy?), un fichu caractère (comme ses maîtres) mais une sacrée intelligence aussi (comme ses maîtres?). Oui monsieur sait ouvrir les portes, tout seul, à 8 mois. C’est ça, un chat
chinois. Et les paquets de nourriture aussi. Ca promet. Du coup, la nuit, nous sommes obligés de nous enfermer, à clé, dans notre chambre.
Tu l’as voulu, tu l’as eu. C’est vrai, j’avoue. Mais pour notre défense, nous avons fait un bon geste. Les chats à Shanghai n’ont pas autant de chance que chez nous. Très souvent abandonnés, ou pire..., beaucoup
d’entre eux finissent... à la poubelle ou dans une assiette. Et Shanghai ne dispose d’aucune organisation chinoise sérieuse pouvant venir en aide à nos chers animaux domestiques oubliés. Raison
pour laquelle en 2005, Carol Wolfson, consultante internationale expatriée vivant en Asie depuis de nombreuses années, a créé
l’association Second Chance Animal Aid Shanghai (SCAA).
Aujourd’hui donc, tout Chinois ou expatrié vivant à Shanghai et se sentant porté par la bonne cause n’a qu’à s’adresser à la SCAA afin de contribuer à son magnifique boulot.
Vous l’aurez compris, c’est exactement ce que nous avons fait en adoptant Kieran. Et non, ce n’est pas parce qu’il ne peut pas sortir dans un jardin que ce geste est égoïste. Car contrairement à
chez nous, aucun chat ici n’a le plaisir de pouvoir sortir. Passez chez O'Malleys un dimanche sur deux à partir de midi pour trouver votre nouveau compagnon.
Pour simplifier, l'AVS (l'assurance vieillesse et survivants) est un impôt prélevé en Suisse, auprès des jeunes travailleurs, pour financer les retraites. J'ai bien dit un impôt, parce qu'il est
quasi certain que les jeunes travailleurs ayant cotisé toute leur vie ne toucheront pas un centime lorsqu'ils seront eux-mêmes retraités.
En bons Suisses qui se respectent, les vuille ont décidé de payer leur AVS, bien qu'ils ne soient pas obligés de le faire dans leur situation. Il est vrai que s'ils cotisent, l'AVS leur versera
également une rente d'invalidité lorsqu'ils se seront fait écraser sur un passage pour piétons. Mais, en gros, cotiser
à l'AVS est bien plus dans l'intérêt des caisses de ladite AVS et des milliers de retraités que compte l'Helvétie.
Il est donc assez piquant de se voir prier d'éviter de contacter le fonctionnaire en charge du dossier au sujet de la décision fixant les cotisations, avant d'avoir reçu des nouvelles de sa part.
" Ne t'inquiète pas, mon grand, on te laisse faire ton boulot peinard, on veut surtout pas te mettre la pression, hein ! "
De toute manière, le fonctionnaire en charge du dossier a déjà fait un stage de formation continue de 5 jours pour apprendre à mieux gérer son stress. Regardez, lorsqu'une lettre ou un e-mail
arrive sur son petit bureau, il se fixe un délai de 4 semaines pour y répondre. Tranquille.
La "cinquième Suisse", les Suisses établis à l'étranger, représente 10% de la population suisse, rien que ça. Un Suisse sur dix qui n'a plus que le passeport de suisse, tout le reste étant à
l'étranger.
La "cinquième Suisse" est bien vivante, même hors de son moule. A Shanghai, la semaine prochaine c'est Adolph Ogi qui vient dire bonjour à la communauté et parler de sapins et de tunnels à
Kandersteg. Et lorsqu'un typhon s'abat sur la ville, on peut toujours compter sur un e-mail d'alerte envoyé par le
consulat pour nous expliquer qu'il faut constituer des réserves de Cenovis. Enfin, les Suisses, alémaniques surtout, se réunissent dans un Club Suisse pour organiser le premier août et des parties
de Jass mensuelles parce que le Jass, ils aiment bien ça les Suisses allemands.
Mais en cette période de montée de chemises brunes rances sur les vertes prairies de la Patrie, ces Suisses qui n'ont plus que le passeport de suisse pourraient peut-être se remuer un peu et
exercer leur droit de vote pour garantir qu'à leur retour, la Suisse ne sente pas trop le reflux d'égout. Un Suisse sur dix qui vit à l'étranger, avec des étrangers partout autour de lui, c'est un
Suisse qui n'a plus peur des étrangers, non ?
Et pour la fine bouche, un extrait de l'excellent spectacle du valaisan Lambiel qui campe un personnage politique suisse qui n'aime pas les étrangers. Tous droits réservés, mais pas reversés à
Lambiel, parce que vuilleblog est sans le sou, hein.
Après les toubibs (ici et là), vuilleblog a
testé pour vous le dentiste à Shanghai. Et il n'a pas été déçu. C'est propre, c'est moderne et ils font des photos de vos dents avant, après et même pendant, avec une caméra ad hoc. Un gadget que
je ne connaissais pas encore (faut aussi dire que je ne fréquente pas les cabinets les plus chers de Lôzan), qui donne l'impression d'occuper la place du copilote dans un avion, bref de contrôler
chaque phase des opérations et les peurs qui vont avec.
Regardez-moi le tunnel du Gothard percé avec brio par Monsieur Wang dans ma dent de sagesse !
Question service, y a rien à dire : on prend rendez-vous un jour à l'avance et les prix sont inférieurs à ceux pratiqués en Suisse. A tel point qu'un agent d'assurance m'a expliqué que des
Européens venaient à Shanghai se refaire une dentition neuve. Et en plus, mon assurance-maladie internationale (nota bene: 50% moins chère qu'en Suisse avec une meilleure couverture) se charge de
régler directement le dentiste (ici Kowa Dental au Jinmao) sur simple présentation de ma carte de membre.
Les Shanghaiens n'ont pas profité de la pause estivale pour corriger leurs congénitales mauvaises manières.
Malgré les campagnes de sensibilisation, malgré la signalétique au sol on ne peut plus claire pour qui sait lire le chinois, il faut toujours se précipiter dans les rames du métro. Très très intelligent. Ach, si seulement quelqu'un parvenait à leur expliquer qu'une rame de métro offre toujours plus de place APRES avoir été vidée de sa cargaison qu'AVANT !
Photolaboclub vient de nous envoyer les photos que nous avons prises en Chine. Même après la saison des pluies des prunes, le hammam de Shanghai peut à chaque instant se transformer en tambour de machine à laver. Voici un bel orage venant de l'ouest de la ville au soleil couchant. Avant et pendant.
Malgré les paratonnerres des gratte-ciel, la foudre avait cette fois-ci fait disjoncter la climatisation de notre appartement pendant toute la nuit qui a suivi.
Cet été, Shanghai risque bien de battre son record du 12 juillet 1934 en passant la barre des 40,2 degrés de température.
40 degrés à un taux d'humidité de 85% c'est bien pire que 50 degrés à 60% d'humidité.
C'est la différence entre le hammam (température de moins de 50°C, humidité de 100%) et le sauna (température de plus de 50°C, humidité ne dépassant pas 55%). A choisir, je préfère entrer dans un
sauna en complet-cravate. Et c'est pas parce que l'air sec permet de voir les gratte-ciel deux blocs plus loin.
- Question électricité, le shanghaidaily parle d'un pic de consommation de 20 millions de kilowatts, 20 mille mégawatts, ou 20 gigawatts. A titre de comparaison, j'ai trouvé sur le net que la
France, plus de 3 fois la population de Shanghai, avait connu un pic de consommation électrique de 84 gigawatts en janvier 2005.
A Shanghai, l'eau courante est jaune, a un petit goût bizarre et n'est pas sans odeur aucune. Aucun Laowai ne s'aventure à la boire sans la cuire préalablement. Et le plus souvent il s'abstient tout simplement, lui préférant le réservoir à microbes que les publicitaires appellent pompeusement "Fontaine à eau". Aujourd'hui, présentation d'une vraie fontaine à eau digne de ce nom dans la bonne ville de Lôzan, en plein centre ville.
Depuis deux jours, nous voici dans la saison "des pluies des prunes" qui devrait durer un mois. Des prunes parce que c'est également à cette période qu'elles arrivent à maturité. Des pluies parce que l'humidité ambiante devient tellement importante qu'elle finit par tomber lourdement sur nos têtes pour transformer la ville en un bain vapeur géant (un hammam pour être plus précis). Oui, c'est bien ça, on a le droit soit à une lourde humidité ambiante empêchant de voir les gratte-ciel au-delà de deux ou trois blocs (une belle journée de chien), soit à une longue pissotière moite de vapeur gazeuse précipitée à l'état liquide (une sale journée de chien).
Et il ne faut pas compter sur un bel orage pour rafraîchir l'atmosphère ! A peine passées de l'état gazeux à celui liquide, les molécules H2O se refont un cycle complet après avoir heurté le bitume brûlant.
Aujourd'hui, petit tour de piste du chocolat local. Enfin, du moins l'appellent-ils ainsi.
Le Meltykiss de Meiji "thé vert" et le Mousa "chocolat noir" de Glyco.
Outre l'apparence "roulé sous les aisselles" peu alléchante, ces chocolats sont tous les deux d'une fadeur sans pareille. De la graisse solide de noix de coco sans le goût de noix de coco ou des morceaux de beurre mais sans le goût du beurre ni son fondant. Le chocolat suisse a de beaux jours devant lui !
Après les pattes de poulet, voici un autre produit terroir qui n'aura jamais un grand succès à l'exportation.
Les fourmis ! Un "produit bénéfique pour votre santé", un "cadeau apprécié par votre famille et vos amis" (c'est écrit sur l'emballage, ça doit être vrai).
Ils conseillent de laisser macérer 30 jours dans de l'alcool de riz avec des dattes et du longane. Mais moi je préfère m'offrir cette friandise au petit déjeuner avec mon Ovo.
Illustration, du côté chinois, de l'inefficacité crasse (casser au marteau piqueur deux niveaux d'un gratte-ciel que l'on venait de couler) , de l'absence totale de respect des droits de l'Homme (faire ça à partir de 7 heures du matin, y compris le dimanche) ...
... et, du côté laowai, de l'absence totale de contrôle de soi (brailler tout nu depuis son balcon pour insulter les ouvriers) ...