Pour un éclairage pro sur le choc Occident - Chine, posez la question au Professeur Zufferey à l'Université de
Genève.
La Chine officielle s'offusque des dérapages de la presse étrangère sur la couverture des
événements du 14 mars
dernier, comme cette photo recadrée par CNN, qui fait disparaître des Tibétains jetant des cailloux.

OUI, les journalistes occidentaux sont pétris de préjugés sur la Chine. OUI, il est vrai que
les Chinois ont aidé la région
du Tibet à se développer économiquement. Et, OUI encore, en matière de droits de l'Homme, les Ricains, comme les anciennes puissances coloniales européennes feraient bien de contempler leur
histoire récente (qui parle des 800'000 Tutsis que la France a laissé massacrer ?), avant de critiquer le pays le plus peuplé de la planète, qui tente de trouver une solution viable pour le plus
grand nombre.
Mais en cette année olympique, la Chine a elle-même souhaité sa surmédiatisation. Elle doit donc pleinement assumer le jeu des médias, qui ne couvrent que les événements sous le feu des
projecteurs. Jusqu'aux Jieaux des Pékins le 8 août prochain, les journalistes étrangers ne vont pas lâcher leur os et, encore moins, accepter que le bureau de la propagande leur explique comment
ils doivent travailler. Et les Etats-Unis profiteront des critiques pour affaiblir
leur ennemi de demain.
Alors NON, la sensibilité d'un journaliste occidental ne lui permet pas de croire ce
que raconte la propagande. Et NON,
à défaut d'autres sources d'information, on ne peut pas exclure que les émeutes tibétaines aient été réprimées dans un bain de sang (
le transport sur place, le 25 mars, de quelques "bons"
journalistes étrangers sous contrôle serré chinois n'a pas permis de récolter cette information). Et NON encore, on ne nous fera pas croire que ces émeutes ne sont pas la conséquence de
50 années de mauvais traitements infligés à des citoyens de seconde catégorie.
L'intérêt des Chinois à maintenir un semblant de paix sociale dans leur immense pays est un intérêt digne de protection. Mais la foire olympique, voulue par Pékin, engendre un choc de civilisations
dans lequel la voix monocorde de la propagande n'a plus sa place. Le régime de Pékin en est d'ailleurs pleinement conscient, puisqu'il tente de se donner une légitimité démocratique en citant
aujourd'hui les réactions virulentes des blogueurs chinois contre la couverture faite par la presse étrangère. Ces
mêmes
blogueurs qu'il a censurés hier et qu'il censurera encore demain...